L’après Jackie Robinson chez les Royaux de Montréal

Le quotidien Le Devoir publie ce matin, sous la plume du toujours excellent Jean Dion, un article sur Jackie Robinson. Celui qui devint en 1947 le premier Afro-Américain à évoluer dans les ligues majeures de baseball, à l’époque où les politiques de ségrégation raciale étaient encore bien appliquées aux États-Unis, a joué un an pour les Royaux de Montréal, une équipe de la Ligue internationale qui était le club-école des légendaires Dodgers de Brooklyn.

Pour l’occasion, nous avons dépoussiéré le numéro de mai 1951 du Sport illustré, où Jacques Beauchamp passe en revue la formation des Royaux qui s’apprête à fouler le gazon du Stade Delorimier, au coin de l’avenue De Lorimier et de la rue Ontario.
Jackie Robinson Royaux Montréal Royals saison 1951 season Sport illustré
(Cliquez sur les images pour les agrandir et mieux lire le texte.)

Un passage sur le séjour de Jackie Robinson avec les Royaux de 1946 :

“Lorsque Jackie Robinson s’est rapporté aux Royaux en Floride en 1946, il était un joueur bien ordinaire. Et si Clay Hopper n’avait pas reçu l’ordre de Branch Rickey de le faire jouer régulièrement, la présente étoile des Dodgers de Brooklyn n’aurait probablement pas commencé la saison avec le club montréalais. Robinson a mal paru à l’entraînement. Il a déçu tant au bâton que sur la défensive. Il s’est toutefois sensiblement amélioré et il est rapidement devenu une grande vedette dans la ligue Internationale. Robinson a traversé une dure période lorsqu’il s’est rapporté aux Royaux. Presque tout le monde était contre lui. Jackie savait cependant que Branch Rickey songeait à lui accorder toutes les chances nécessaires pour graduer.”

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Vous avez remarqué la légende sous la photo du joueur ? “Joe Black (le bien nommé)”… On ne lirait pas de ça dans les journaux aujourd’hui…

Quoi qu’il en soit, la “blancheur” des Royaux post-Robinson a semblé déplaire au public :

“Les Montréalais se sont plaints l’an dernier, du fait que les Royaux n’alignaient aucun noir et c’est la raison pour laquelle, le gérant-général Guy Moreau a pris tous les moyens possibles pour en engager quelques-uns.”

“Nous doutons fort que Gilliam accomplisse des exploits aussi remarquables que ceux de Jackie Robinson, mais rien n’empêche qu’il pourrait devenir une forte attraction au stade de la rue Delorimier, s’il offre un beau rendement.”

“Au moment où ces lignes sont écrites, les Royaux alignent deux autres joueurs de couleurs. Ce sont le lanceur droitier Joe Black, et le joueur d’intérieur Hector Rodriguez. Ce dernier est cependant un Cubain.”

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Quelques images des Royaux au camp d’entraînement à Vero Beach, Floride, en 1951 :
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Aucune idée si Jim Gilliam est devenu aussi populaire que Jackie dans le bout de la rue Ontario, mais le Cubain Rodriguez et lui ont été les meilleurs frappeurs de l’équipe cette année-là. Gilliam, recrue de l’année de la Ligue nationale de baseball en 1953, est devenu une grande vedette des Dodgers, qui ont retiré son numéro 19 après sa carrière. Hector Rodriguez a été échangé aux White Sox de Chicago, pour qui il a joué une seule saison.
Et le “bien nommé” Joe Black n’a fait que passer à Montréal et a frappé pour .205 en 27 parties…

Ah oui, les Royaux édition 1951 ont gagné 95 matchs, contre 59 défaites, pour ensuite remporter leur quatrième Coupe des Gouverneurs en six ans. Un bien bel été, Rodger.

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