Le journal québécois L’Écho, fondé en 1960, était consacré aux affaires judiciaires et criminelles, ainsi qu’aux ragots ma foi assez suspects que nous aurons l’occasion de vous présenter un de ces quatre. C’est dans ce journal qu’on pouvait lire le récit “Ti-Gus était cochon“, ce qui vous donne une assez bonne idée du genre de journal.

L’Écho — Tout ce que les autres journaux ne vous ont pas dit
Vol. 6 — No 15 — 10 avril 1965
Condamné à 4 ans — Langlois a outrepassé son rôle de moniteur pour pervertir des jeunes adolescents
Condamné à 3 ans — Apprenant que sa future était mariée, Williams se rend chez elle et menace de la tuer et tente de la violer
Du plaisir au crime — Un roman policier complet par Lydia Mitchell
Pour combattre le monokini, Esterel lance la nouvelle mode du “Touchlémoâ”
Une “femmelette” qui a marié un “hommelette”
Un nouveau strip-poker qui se joue sur une scène

LANGLOIS NOMMÉ MONITEUR EN DEVINT UN DU VICE
Il y a toujours lieu de s’interroger lorsqu’on trouve des gens qui paraissent se passionner démesurément pour les adolescents. Il y a lieu de s’inquiéter quelque peu, non pas que tous peuvent constituer pour la jeunesse une certaine menace, un danger même, car il se trouve encore des gens qui ont l’honnête désir de se donner pour la cause des jeunes.
Le malheur est qu’il se trouve toujours parmi ces bonnes âmes, des moutons noirs qui parviennent à se glisser habilement pour servir non pas l’intérêt de la jeunesse mais assouvir leurs passions et leurs vices.
Dans ces cas, il est plus que naturel et fort heureux que la Justice sévisse avec force et c’est ce que vient d’apprendre à ses dépens un jeune homme de 25 ans, Fernand Langlois, qui se donnait tellement à la jeunesse d’une paroisse du nord de la ville, non pas pour le plaisir de se donner comme pour la satisfaction de “prendre” les jeunes.
Langlois, un résidant du boulevard Gouin en était arrivé à être nommé moniteur sportif dans une association de loisir d’une paroisse du nord de Montréal. Il est maintenant écarté de son “apostolat laïc” pour une période de trois ans pendant lesquelles il paiera sa faute envers ses “protégés” et la société pour le mal causé à trois adolescents.
En plus des organisations ordinaires de loisirs, en octobre dernier, Langlois avait organisé des excursions du dimanche après-midi. Pendant la saison la plus morte des activités sportives, si on fait exception du football que tous les jeunes ne pratiquent pas activement. Il s’entourait d’un groupe dont il remplissait sa voiture par les beaux dimanches après-midi et il allait faire une tournée dans les Laurentides.
Il aboutissait invariablement à un chalet d’été de la région de Saint-Calixte. À plusieurs reprises alors qu’il n’avait avec lui que deux ou trois garçons, âgés de 12 à 14 ans, il y faisait entrer le groupe pour s’adonner avec eux à des activités sexuelles criminelles. Les “promeneurs du dimanche” en fait étaient toujours le même groupe de quatre garçons jusqu’au jour où l’un des gars a été remplacé par un autre. Le nouveau venu n’était pas de trempe à occuper ainsi ses loisirs. Dès son retour à Montréal, il fit part de cet état de choses à ses parents et l’enquête fut déclenchée. Elle vient de se terminer par la condamnation de Langlois au bagne.

L’INDIEN WILLIAMS REVIENT À MONTRÉAL, DÉTERRE LA HACHE DE GUERRE et ASSAILLE son ANCIENNE “BLONDE” QUI S’ÉTAIT MARIÉE
Un Indien plus américain que canadien passera encore quatre années derrière les murs du pénitencier de Saint-Vincent de Paul, où il est déjà détenu depuis un an par suite d’un sauvage attentat sur la personne de son ancienne amie devenue mère de famille et résidant à Caughnawaga.
Jack Williams, 29 ans, Canadien de naissance mais errant à travers le Canada et les États-Unis depuis dix ans avait été condamné l’année dernière et dès lors en avait appelé de la sentence qui lui avait été imposée.
Il n’aura tout de même pas déployé des efforts inutiles devant la Cour d’Appel puisque même si la peine de dix ans lui est demeurée il a quand même échappé à celle du fouet. En effet, il ne recevra pas les quatre coups de fouets qui lui avaient été imposés par la Cour criminelle, et ce sur ordre de la Cour de seconde instance.
Williams avait été condamné à cinq années de travaux forcés après avoir été trouvé coupable par un jury de tentative de viol et d’assaut grave sur la personne d’une jeune femme de 25 ans, qui trois années plus tôt avait été sa “promise”.
Il y a quelques années il avait passé deux ans dans la région de Montréal alors qu’il travaillait comme tout bon indien, sur des structures métalliques. C’est au cours de cette période qu’il s’était lié à celle qui dans l’esprit allait à brève échéance être sa femme.
Le tout changea cependant lorsqu’il quitta Caughnawaga pour aller occuper un emploi à New York où il travailla à la superstructure du nouveau pont qui enjambe la rivière Hudson.
C’est au cours de ses vacances l’an dernier, après vingt mois d’absence durant lesquels il ne paraissait pas avoir donné signe de vie à sa future qu’il est revenu à Caughnawaga pour apprendre qu’elle était mariée. Il se rendit donc à son logis où il voulut “renouer” affection. Devant le refus de son ancienne “blonde” et comme il avait pris quelques consommations, l’eau-de-vie aidant, il s’attaqua à elle, la menaçant même de la tuer si elle ne se laissait pas sévir car il considérait que son “infidélité” en mariant un autre homme était une tricherie comme s’il avait sur elle des droits acquis.
Bon, ce que vous voulez tous savoir, c’est ce qu’est le fameux “touchlémoâ” qui remplaça le monokini.

Ça n’a pas semblé faire courir les foules. Mais voici :

LE MONOKINI SERAIT REMPLACÉ PAR LE TOUCHLÉMOÂ…
“À mon avis, le monokini, c’est une passade, c’est éphémère” affirme le dessinateur de modes JACQUES ESTEREL.
“Le monokini, ça manque de mystère, de subtilité. Ma dernière création est bien plus sexy, bien plus osée… Ça s’appelle le TOUCHLÉMO”.
Nous avons intervioué Esterel en février dernier dans son studio de Paris. Il a même demandé à l’un de ses mannequins de revêtir le costume pour le bénéfice de nos lecteurs.
“Vous voyez comme la brassière ne peut receler aucun équivoque. C’est presque l’INVITATION AU VOYAGE de Charles BAUDELAIRE”. Il la pointe du doigt en nous disant : “ne l’entendez-vous pas déjà vous appeler à elle? Venez, venez…
“Il manque à certains maillots de bain, le coup d’aiguille, le petit coup de pouce qui leur donnera ce petit quelque chose de sexy, ce petit quelque chose qui échappe à toute logique, à toute raison, On ne peut pas dire que celui-ci n’a pas bénéficié du petit coup de pouce… C’est même de deux mains et de dix doigts qu’il bénéficie. Originairement, ce maillot avait été créé pour une amie qui fréquente un endroit très dandy, très original. Et quand elle l’a revêtu, les hommes en sont tombés malades et les femmes en étaient jaunes d’envie. La brassière suggère à la fois le nom du maillot et l’acte qui s’impose : TOUCHLÉMOÂ. Il est à la fois très osé et pas indécent du tout. Ne trouvez-vous pas aussi que ces mains donnent une impression de don, de générosité ?…
“Tout n’est pas dit, tout n’est pas démontré, avec ce bikini. Tandis qu’avec le monokini, on n’a plus rien à apprendre, l’intérêt disparaît.
“Vous allez voir. Cet été, toutes les filles vont porter mon maillot sur la plage. Elles savent qu’elles peuvent le porter sans se sentir indécentes”.
Les extraits ci-dessus sont tirés de l’édition du 10 avril 1965 du journal L’Écho.

Je pense que la blonde de l’Indien Williams en portait un! c’est pour ça qu’il était fâché… lol
La célèbre Sainte Nitouche
La célèbre Sainte Nitouche