Voici ce qu’on a reçu de plus ancien Ă ce jour. Une Ă©dition de 1858 d’un livre de Godescard (1728â1800). Un lecteur nous dit : Je me permets de vous envoyer ceci, au plaisir de vous divertir. Deux beaux textes sur deux belles vies de saints. Un hardcore trĂšs ensanglantĂ© qui ne fait que rehausser vos pieux sentiments et un autre plutĂŽt rigolo. En bonus, deux magnifiques gravures! Bien Ă vous.
Saint Sébastien, endommagé :
Sainte Marguerite, vierge martyre « avalĂ©e par un monstre. » Elle en « transperça miraculeusement le ventre pour en sortir ». Ăa fait du sens.
Une belle histoire avec force détails pour bien faire dormir nos enfants :
Quant à Vincent, il passa par tous les genres de tortures que put imaginer la cruauté la plus raffinée.
Le gouverneur le fit lier d’abord sur un chevalet et commanda aux bourreux de lui tirer les pieds et les mains avec des cordes, ce qu’ils exĂ©cutĂšrent avant tant de violence, que ses os en furent tout disloquĂ©s. Ă cette torture on ajouta encore celle des ongles de fer. Pendant ce temps, Vincent raillait les bourreaux et leur reprochait de manquer de force et de cĆur. (…) Deux fois ils interrompirent les tortures afin de se reposer et de rendre plus vives les douleurs du martyr en laissant refroidir ses plaies; puis, animĂ©s d’une nouvelle fureur, ils le reprirent, dĂ©chiĂšrerent toutes les parties de son corps avant tant d’inhumanitĂ©, qu’en plusieurs endroits on lui voyait les os et les entrailles; (…)
Dacien, plus furieux que jamais, le condamna Ă la question du feu, la plus cruelle de toutes. Vincent, insatiable de souffrances, monta sans effroi sur l’instrument prĂ©parĂ© pour cette exĂ©cution; c’Ă©tait un lit de fer dont les barres, faites en forme de scie et garnies de pointes trĂšs-aiguĂ«s, Ă©taient posĂ©es sur un brasier ardent. On Ă©tendit et on lia le Saint sur cette horrible machine. Toutes les parties de son corps qui n’Ă©taient pas tournĂ©es du cĂŽtĂ© du feu furent dĂ©chirĂ©es Ă coups de fouet et brĂ»lĂ©es avec des lames toutes rouges. On jetait du sel sur ses plaies, et les pointes de ce sel, aidĂ©es par l’activitĂ© du feu, entraient fort avant dans sa chair. Sa graisse, qui fondait de tous cĂŽtĂ©s, servait d’aliment aux flammes et en augmentait la violence.
Le gouverneur dĂ©sespĂ©rĂ© le renvoya en prison, avec ordre de le coucher sur des morceaux de pots cassĂ©s, de lui mettre les pieds dans des ceps de bois qui lui tinssent les jambes fort Ă©cartĂ©es. (…) On mit ensuite le Saint sur un lit fort mou; mais Ă peine y fut-il couchĂ© qu’il expira. On croit que sa bienheureuse mort arriva le 22 janvier 304.
Dacien fit jeter son corps dans un endroit marĂ©cageux; mais Dieu envoya un corbeau pour le dĂ©fendre contre la voracitĂ© des bĂȘtes et des oiseaux de proie.
Sainte PĂ©lagie Ă©tait d’Antioche. Elle n’avait encore que quinze ans lorsqu’elle fut appelĂ©e, en 311, Ă la gloire du martyre. Les soldats chargĂ©s de l’arrĂȘter prirent un moment oĂč elle Ă©tait seule Ă la maison. Quoiqu’elle ne doutĂąt point qu’ils ne vinssent pour la conduire devant le juge, oĂč sa chastetĂ© aurait de rudes assauts Ă soutenir, elle ne se dĂ©concerta pas et, afin de mieux cacher son dessein, elle les pria de lui permettre d’aller Ă sa chambre pour s’habiller et se parer. Les soldats y consentirent, et elle monta au haut de sa maison, d’oĂč elle se prĂ©cipita. Elle mourut sur le coup. Saint ChrysostĂŽme dit que PĂ©lagie avait JĂ©sus dans son cĆur, et que ce fut par son inspiration qu’elle agit de la sorte. Peut-ĂȘtre la Sainte espĂ©rait-elle seulement Ă©chapper aux mains des persĂ©cuteurs, et nul doute qu’il ne lui fĂ»t permis d’exposer sa vie pour conserver sa chastetĂ©. Hors des circonstances dont nous parlons, ou sans une inspiration particuliĂšre, c’eut Ă©tĂ© un crime horrible que de se donner la mort.
Merci Ă Berthier pour ce joli cadeau. Si vous avez vous aussi des raretĂ©s qui seraient belles sur les internets, pas besoin qu’elles soient du 19Ăšme siĂšcle, envoyez-les Ă Vieille Marde.












