Ătre mort a ses avantages. Personne n’ira dire du mal d’un cadavre encore chaud. Dans le cas des personnalitĂ©s publiques, politiciens ou autres, la mort ou du moins la retraite fait oublier bien des choses. On a rĂ©cemment jetĂ© un Ćil sur le cas de RenĂ© LĂ©vesque, qui dans les semaines qui ont suivi son dĂ©part du poste de premier ministre en 1985 Ă©tait loin d’ĂȘtre aussi respectĂ© qu’aujourd’hui au QuĂ©bec. En 1986 : Jean Drapeau, maire de MontrĂ©al pendant 29 ans, quitte l’hĂŽtel de ville. Ăvidemment, ce qui suit vient du magazine CROC et pas du Devoir, mais quand mĂȘme… Je pense qu’on peut dire que la lune de miel Ă©tait pas mal finie.
Adieu Monsieur le maire…
On avait Ă©tĂ© gentils avec lui, justement parce qu’on savait qu’il s’en allait. MĂȘme que ça faisait un bout de temps que Girerd et Jean-Guy Moreau se tuent Ă trouver des moyens de nous le rendre sympathique.
Ben non, il ne pouvait pas s’en aller sans ressortir son cĂŽtĂ© fasciste : il fallait qu’il traite quelqu’un, qui n’est mĂȘme pas son adversaire, de communiste et qu’il insulte du mĂȘme coup un Ă©diteur qui ne lui a rien fait et les femmes de mĂ©nage.
O. K. d’abord, vous l’aurez voulu monsieur Drapeau: « Vas-tu finir par sacrer ton camp, vieille dĂ©pouille ? Tu trouves pas que tu nous a coĂ»tĂ© assez cher comme ça, vieux crĂ©tin ? DĂ©colle, fais de l’air, fais du vent avant qu’on se rappelle que le rapport Malouf c’Ă©tait pas une blague de Girerd, mais un vrai rapport Ă©crit par un vrai juge, pour un stade qui nous a coĂ»tĂ© une couple de centaines de vrais millions en trop ! Il y a des pays oĂč un politicien qui se permettrait de gaspiller les fonds publics avec autant d’arrogance courrait de bonnes chances de se retrouver en prison. Et ça se permet en plus de nous annoncer que son successeur Ă la mairie risque de coĂ»ter cher Ă la population ! Ben ça va faire, la morale ! Rentre dans ton trou, vieux radoteux, et va Ă©crire tes MĂ©moires comme tout le monde ! »
Par Serge Langevin, CROC no. 89, décembre 1986.









