La ville la plus puante

Aujourd’hui, on découvre la ville qui sent le plus mauvais. Contrairement à ce que nous disait le regretté Gerry Joly, ce n’est pas Hull, connu pour son papier de toilette.

On découvre la ville la plus puante
Il y a des odeurs délicieuses, comme le Chanel no. 5 et le Fabergé. Elles sont exotiques et “sensuelles”.
Par ailleurs il y a d’autres odeurs qui sont extrêmement désagréables et nauséabondes.
Par exemple, les effluves horribles qui émanent de la ville de Selbyville, dans l’État de Delaware. “Pendant onze ans, nous avons dû endurer cette horrible odeur” déclare le maire Asher Carey. “Il est à peu près temps que nous nous en débarrassions.”
La ville sent le diable. L’odeur de notre ville nous empêche de progresser.
“Et je suis bien décidé à chasser les odeurs qui ruinent l’avenir de notre municipalité”.
L’odeur provient des énormes chaudrons de la Bishop Processing Company. C’est dans ces chaudrons que les carcasses de poulets sont transformées en engrais et nourritures d’animaux.
L’usine qui empeste Selbyville est officiellement située sur la ligne de démarcation qui indique la frontière du Maryland, l’État voisin.
Son site étrange est protégé par les tribunaux justement à cause de sa proximité de la frontière.
Des citoyens ont intenté des poursuites judiciaires mais ces poursuites ont été repoussées par des lois inter-états qui manquent de logique.
Selbyville est devenu une ville renommée. On s’en sert comme test pour mettre à l’épreuve les projets du gouvernement fédéral qui veut éliminer toute puanteur aux États-Unis.
Les inspecteurs du Bureau d’air frais, institué en 1964, ont visité Selbyville et ont le fait le tour de l’usine des poulets. Ils furent fort impressionnés.
L’un des inspecteurs, qui avait pris un copieux repas, fut terrassé par la puanteur et se mit à “restituer.”
Le résultat : l’établissement d’un programme pour désodoriser l’usine.
La semaine dernière le secrétaire d’État John Gardner a signé un arrêt ordonnant aux inspecteurs de chasser les odeurs.
“Il est à peu près temps, déclare le maire Carey. Il y a longtemps que nous avons oublié l’odeur des fleurs et du gazon chez nous.”

Extrait du journal MINUIT, 7 mars 1966.
Voir sur VieilleMarde.com les savoureuses archives du tabloïd québécois Minuit ainsi que la version anglophone Midnight.
MISE À JOUR : Près d’un demi-siècle plus tard, ça pue encore.

Related Posts with Thumbnails

9 Comments

  1. Pis c’est pas East Angus, fou

  2. Pis c’est pas East Angus, fou

  3. Cher Vieille Marde, d’autres ont des visées plus expansionnistes… http://www.youtube.com/watch?v=JeaABlP1RhU&playnext=1&list=PLC6E56BB80A5EACB3&feature=results_video

  4. Cher Vieille Marde, d’autres ont des visées plus expansionnistes… http://www.youtube.com/watch?v=JeaABlP1RhU&playnext=1&list=PLC6E56BB80A5EACB3&feature=results_video

  5. Alain Larose Ha! Content de trouver un connaisseur de Gerry Joly. J’y ai pensé aussi tout de suite quand j’ai vu l’article (et à chaque visite en Outaouais).

  6. Alain Larose Ha! Content de trouver un connaisseur de Gerry Joly. J’y ai pensé aussi tout de suite quand j’ai vu l’article (et à chaque visite en Outaouais).

  7. Shelbyville a coté de Springfield? Lol

  8. Nedila Mythcity via Facebook

    Une autre sélection bien ‘sentie’ du journal Minuit…

Laisser un commentaire